Ma tête déborde. Vraiment.
Ma tête est un chantier. Ça ne s’arrête jamais.
Des scènes surgissent quand je marche, quand je m’endors, quand je fais semblant d’écouter quelqu’un parler.
Des histoires réclament leur place.
Des phrases s’imposent, sans prévenir.
Des idées partout. Comme une chambre en désordre, la vaisselle sale de la veille dans l’évier.
Des scènes sous la douche, dans le bus, au moment précis où je devrais penser à autre chose.
Des personnages qui frappent à la porte tous en même temps, sans faire la queue.
J’ai trop d’histoires. Et c’est une très bonne nouvelle.
Des fragments, des romans, des projets à peine nés et déjà trop vivants.
Des textes doux, des textes brûlants, des choses drôles, d’autres plus sombres.
Des envies sages… et d’autres beaucoup moins. Inavouables.
Parfois je ris toute seule en pensant à ce que je pourrais écrire.
Parfois je me dis : bon sang, il va falloir tout raconter.
Je ne sais pas encore ce qui deviendra un livre.
Ni ce qui restera un éclat, une page, un détour.
Mais je sais que ça bouillonne, que ça brûle, que ça insiste.
J’écris parce que ça me fait du bien.
Parce que ça m’excite.
Parce que ça m’aide à respirer. A faire retomber.
Et tant pis si tout ne rentre pas dans une seule case.
Tant mieux même. Les histoires sont là.
Elles me regardent en souriant.
Et je compte bien leur ouvrir la porte.
— Ophélie

