Je pensais justement à toi

Mes jambes me brûlent malgré la fraîcheur de la canopée. Les derniers mètres sont les plus rudes. Un raidillon, presque un mur vu d’en bas. J’appuie plus fort sur les pédales. Le dérailleur accroche et hésite un instant. Il a besoin d’être réglé.
La chaîne s’enroule enfin sur les bons pignons, je jette mon corps en avant et je poursuis en danseuse. Ma machine semble se soulever sous mon corps, mes jambes solidement arrimées aux sangles des cale-pieds.
La fin de la forêt n’est plus très loin. Mon cœur tambourine, j’ai encore cette impression d’avoir avalé de travers des noyaux de cerises, mais je vole à une allure assez incroyable, cheveux au vent.





















