
Lu trop jeune peut-être… Un après-midi d’été et d’orage sans télé, océan déchaîné. Une vieille malle à livre, seule, dans le grenier chez Mamie, en attendant de pouvoir retourner à la plage.
Cette odeur de vieux bouquins humides. De papier oublié.
Au fond, tout au fond, sous « La Bicyclette Bleue », encore en dessous, sous les Agatha Christie et George Simenon. Soudain « Elle ». Soudain « O ».

Ce n’était pas cette couverture. Mais c’était déjà ce mystère.
O ? Comme moi ? O ? Qui ça ? O comme Ophélie ?
O comme une empreinte. O.
Un livre devenu mon doudou. Mon refuge trouble et secret.
La voix d’O ne m’a jamais quittée. Elle se réinvente, comme une rivière, un rivage dans mon esprit, dès que celui-ci divague et s’éveille.

O quand j’écris Ophélie Deslys. En cherchant la même Liberté. Entre lumière et Ombre. Désir et chair. O. J’ajoute un D. Par modestie.
Par Délice. Parce que le désir est aussi féminin.
J’écris depuis O, mais je n’écris pas O.
Parce que je n’aurais jamais fini de le relire. Ni le réécrire.
— Ophélie
« Histoire d’O » – Pauline Réage

