Sous les couvertures : « Vous faites quoi les filles ce soir ? »

Quand je retourne lire ce que j’ai écrit…

Et si le véritable masque de « Vous faites quoi les filles ce soir ? » n’était pas celui qu’Ophélie porte à L’Olympe ?

Je suis retournée lire ce que j’avais écrit.

Et derrière le club, l’argent, les masques et le désir, j’y ai retrouvé quelque chose que je n’avais pas vraiment vu au moment de l’écriture : l’histoire d’une jeune écrivaine fauchée qui vient de publier son premier livre et qui découvre ce que signifie se mettre à nu devant les autres.

À L’Olympe, elle le fait devant des hommes.
En publiant, elle vient de le faire devant des lecteurs.
Dans les deux cas, elle s’expose.
Et si le véritable sujet du livre était là ?

Et c’est sans doute là que, sans m’en apercevoir,
se dessinait déjà le lien avec
Laisse aller ton corps et Chambre 313.

Cette relecture évoque certains éléments du roman.

Si vous préférez tout découvrir sans rien savoir, gardez-la pour après votre lecture.

Il y a ce qu’on croit écrire. Et puis il y a ce qu’un texte finit par raconter lorsqu’on le relit quelques mois plus tard.

Quand j’ai écrit Vous faites quoi les filles ce soir ?, l’idée de départ était assez simple. Un vendredi soir. Julia et Ophélie, deux jeunes femmes qui ne savent pas quoi faire. L’une d’elle me ressemblant énormément à ce moment de ma vie.

Puis Leslie, la mère de Julia, qui leur propose de les accompagner dans un endroit dont elles ignorent tout.

Cinq mille euros. Une nuit. Un masque.

Et la promesse d’être regardées, désirées, peut-être davantage, mais toujours libres de décider jusqu’où elles veulent aller.

C’était une situation, inspirée d’une soirée un peu particulière, dans un club un peu particulier. Une porte entrouverte.

Je savais évidemment que le texte parlerait de désir, de limites, d’abandon et de liberté. De ce que j’avais vécu et éprouvé avec elles dans un autre lieu. Puis j’ai détourné et modifié la matière.

En le relisant aujourd’hui, je crois que le véritable sujet du roman se trouve peut-être ailleurs. Parce qu’Ophélie dans mon roman n’entre pas seulement dans L’Olympe.

Elle passe progressivement de l’autre côté de quelque chose qu’elle connaissait jusque-là surtout par l’écriture.

Écrire le désir est plus facile que le vivre

Ophélie écrit des histoires érotiques. Comme moi. Elle invente des corps. Des fantasmes. Des situations. Elle choisit ce qui arrive à ses personnages. Elle décide quand une porte s’ouvre. Elle peut interrompre une scène.

La reprendre. L’effacer. Changer la fin.

Derrière son clavier, elle possède quelque chose que ses personnages n’ont jamais : la maîtrise absolue.

Et pourtant, lorsque commence Vous faites quoi les filles ce soir ?, cette maîtrise est devenue fragile.

Son premier livre existe. Il a été publié. Quelques personnes le lisent. Mais elle doute. Elle manque d’argent. Elle ne sait pas vraiment quoi écrire ensuite.

Elle traverse cette période étrange que j’appelle dans le roman un « doute post-accouchement littéraire » : ce moment où l’on a terminé quelque chose, où il faudrait être heureuse, et où l’on se demande surtout si l’on sera encore capable de faire aussi bien.

Elle sait écrire le désir. Mais elle ne sait plus très bien quoi en faire. C’est précisément à ce moment-là qu’arrive l’invitation de Leslie. Et ce n’est probablement pas un hasard.

Une porte, puis une autre

Le roman est rempli de portes. Cela m’a frappée en le relisant. Il y a d’abord celle du club. L’Olympe. L’accueil. Un moment très particulier. Puis des couloirs. Des vestiaires. Des consignes. Des salles. Des espaces de préparation.

Une nouvelle porte. Encore une autre. Et finalement la dernière porte. À chaque fois, Ophélie peut encore décider de ne pas continuer. C’est presque la véritable structure du récit. Il ne s’agit pas tellement d’aller d’un point A à un point B.

Il s’agit de franchir une succession de seuils. Et surtout de constater qu’à chaque seuil quelque chose a déjà changé. Avant même d’entrer dans L’Olympe, elle pense qu’elle pourrait rentrer chez elle.

Elle pourrait écrire la soirée qu’elle n’a pas vécue. L’inventer. Faire comme si. Ce serait même facile. Mais son corps, écrit-elle, « n’est déjà plus d’accord ».

Et un peu plus loin : « Ce n’est pas le lieu que je crains. C’est ce que je vais accepter de vouloir. »

C’est peut-être là que commence réellement le roman. Pas au moment où elle entre dans le club. Au moment où elle comprend que le plus troublant ne sera pas ce que quelqu’un pourrait lui faire.

Mais ce qu’elle pourrait elle-même désirer.

Le masque qui cache… et celui qui révèle

Évidemment, il y a les masques.

On pourrait les voir simplement comme un accessoire érotique. Ils garantissent l’anonymat. Ils ajoutent du mystère. Ils permettent d’être regardée sans être reconnue.

Mais là encore, je crois qu’ils racontent autre chose. Lorsque Ophélie met le sien et regarde son reflet, elle ne se reconnaît plus tout à fait. La femme dans le miroir possède les mêmes yeux. Le même corps. Et pourtant elle semble être devenue quelqu’un d’autre.

Leslie lui dit alors de ne pas considérer le masque comme une entrave, mais comme « un accessoire de ta liberté ».

Et Ophélie comprend quelque chose de paradoxal : elle se sent libre parce qu’elle est cachée.

Puis elle fait elle-même le rapprochement : « Comme derrière le pseudonyme que j’utilise. »

Je crois que c’est l’une des clés du livre. Un pseudonyme cache un nom. Un masque cache un visage. Mais que permettent-ils de montrer ?

Peut-être précisément ce qu’on n’oserait pas montrer autrement. La dissimulation ne sert plus seulement à protéger une identité. Elle permet d’en explorer une autre.

Ou peut-être une partie de soi qui était déjà là, mais qu’on ne savait pas encore regarder.

Et si le pseudonyme était lui aussi un masque ?

C’est évidemment un passage que je regarde autrement aujourd’hui.

Ophélie écrit sous pseudonyme parce qu’elle ne souhaite pas exposer entièrement sa vie à ceux qui l’entourent.

Elle peut écrire certaines choses précisément parce qu’elle sait que son nom réel n’est pas inscrit dessus.

À L’Olympe, le mécanisme devient physique. Personne ne connaît son visage. Personne ne connaît son nom. Elle devient un numéro. Un corps. Une inconnue.

Cela pourrait sembler être une disparition.
Pour elle, c’est presque le contraire.

Elle ne disparaît pas. Elle se donne soudain le droit d’exister autrement. Le masque ne fabrique donc peut-être pas une autre Ophélie. Il retire momentanément tout ce qui l’oblige à être celle qu’elle est habituellement.

Et c’est très différent.

Écrire ou vivre

Il y a une phrase qui me semble aujourd’hui presque plus importante que toutes les autres.

Ophélie vient de mettre son masque. Elle pense aux soirées passées devant son ordinateur à inventer des scènes similaires. Mais cette fois : c’est elle le personnage.

Elle n’est plus devant son écran pour décider de la suite. Et encore moins de la fin. Voilà peut-être le véritable vertige du roman.

Quand on écrit, on contrôle. Quand on vit, quelque chose vous échappe nécessairement. Les réactions des autres. Le hasard. La peur. Le désir.

Et même parfois son propre corps.

L’expérience d’Ophélie consiste donc à abandonner pendant quelques heures une position qu’elle connaît très bien : celle de l’autrice.

Elle passe de celle qui raconte à celle à qui quelque chose arrive. De celle qui imagine le trouble à celle qui le ressent.

De celle qui décide du comportement d’un personnage à celle qui découvre qu’elle n’a pas toujours décidé à l’avance de ce qu’elle-même désirait.

Le corps sait parfois avant elle

C’est une idée qui traverse tout le roman. Ophélie réfléchit beaucoup. Elle analyse. Elle hésite. Elle se juge parfois. Elle cherche des raisons.

L’argent en est une. La curiosité aussi. L’inspiration pour écrire. L’envie de vivre quelque chose de différent.
Mais régulièrement, son corps répond avant elle.

Avant d’entrer, elle pourrait encore partir. Son raisonnement lui rappelle toutes les bonnes raisons de le faire. Mais son corps veut avancer.

Plus tard, devant le miroir, elle découvre une apparence qui devrait peut-être lui faire peur. Elle aime ce qu’elle voit. Et c’est presque cela qui l’effraie le plus.

Ce décalage entre ce qu’on pense devoir vouloir et ce que l’on éprouve réellement m’intéresse beaucoup. Parce que le corps ne donne pas toujours des réponses raisonnables.

Il ne produit pas un argumentaire. Il frémit. Il recule. Il avance. Il désire. Il refuse.

Dans le roman, Ophélie apprend progressivement à écouter ce langage-là.

Le collier : être attachée pour se sentir libre ?

Le masque n’est pas le seul objet important. Il y a aussi le collier.
Au départ, il peut sembler surtout appartenir aux codes de l’univers BDSM.
Il numérote. Il désindividualise. Il signale une place. Il peut évoquer la possession ou la soumission.

Mais Ophélie finit par éprouver quelque chose de plus ambigu.

Elle pourrait l’enlever. Elle pourrait refuser ce qu’il représente. Pourtant elle s’attache progressivement à sa présence. Elle dit même qu’il lui paraît plus lourd symboliquement que physiquement.

C’est une contradiction qui m’intéresse beaucoup : comment une contrainte peut-elle devenir une manière d’être libre ?

Peut-être précisément parce qu’elle a été choisie.

Pendant quelques heures, le collier permet à Ophélie d’endosser un rôle dont elle n’aurait peut-être jamais osé réclamer ouvertement les codes.

Ce n’est pas quelqu’un qui lui explique qui elle doit être.

C’est elle qui accepte momentanément d’entrer dans un jeu où certaines règles lui permettent de lâcher celles qu’elle s’impose habituellement.

La liberté ne signifie pas l’absence de règles

C’est probablement pour cela que la question du consentement revient autant dans le texte.

Avant même que les filles acceptent de venir, Leslie l’explique : personne ne les touchera sans leur accord.

À l’intérieur, les règles sont rappelées. Puis encore. Et une dernière fois juste avant la dernière porte.

Il existe un mot permettant de tout arrêter. Un système de sécurité. Des limites.

Cela pourrait sembler contradictoire avec le fantasme de perte de contrôle qui traverse le roman. Je crois au contraire que l’un permet l’autre.

Ophélie peut imaginer se perdre précisément parce qu’elle sait qu’il existe quelque part une possibilité de dire stop.

Le danger peut être fantasmé parce qu’une limite réelle demeure.

Cette tension est peut-être au cœur de nombreuses expériences de désir : vouloir être dépassée sans vouloir être forcée. Vouloir lâcher prise sans perdre le droit de reprendre la main.

Et le texte essaie de maintenir cette frontière.

Celle qui n’a rien devient soudain précieuse

Il y a encore quelque chose que je n’avais pas vraiment vu en écrivant le livre.

L’argent.

Au début du roman, cinq mille euros représentent une somme énorme pour Ophélie. Elle n’a pas d’argent. Son premier livre se vend peu. Publier lui coûte. Il y a les factures. Un matelas qu’elle aimerait remplacer.

Le rêve très banal de pouvoir enfin acheter un vrai lit.

Elle écrit, elle publie, elle essaie de construire quelque chose, mais rien dans sa vie ne lui donne vraiment l’impression d’avoir de la valeur.

Et puis elle entre à L’Olympe.
Là, le rapport s’inverse complètement.

Les hommes qui fréquentent cet endroit ont énormément d’argent. Ils peuvent payer pour entrer. Pour le décor. Pour l’expérience. Pour le privilège d’être là.

Mais Leslie explique quelque chose qui me paraît aujourd’hui beaucoup plus important que je ne l’avais compris en l’écrivant : ils paient pour ce qu’ils n’ont pas… et que les filles ont.

Et soudain, celle qui n’avait presque rien devient précieuse.

C’est assez vertigineux. À l’extérieur, Ophélie compte tout ce qui lui manque. L’argent. La reconnaissance. Le succès. Peut-être même une certaine confiance en elle.

À l’intérieur, face à des hommes infiniment plus riches qu’elle, quelque chose se renverse.

Parce qu’eux peuvent avoir presque tout. Mais ils ne peuvent pas décider à sa place. Ils peuvent payer pour entrer dans la pièce. Pour regarder. Pour fantasmer. Pour attendre.

Mais ils ne peuvent pas acheter son oui.
Et encore moins empêcher son non.

Elle est pauvre devant des hommes riches. Et pourtant, pendant quelques heures, ce sont eux qui désirent quelque chose qu’elle seule peut décider de leur accorder.

Je crois que c’est là que le mot valeur devient intéressant.

Parce qu’au début du livre, Ophélie mesure beaucoup la sienne à ce que rapporte son travail. Elle a écrit un livre. Elle y a passé du temps. Elle y a mis d’elle-même.

Et pourtant, quelques ventes suffisent presque à lui faire croire que ce qu’elle a créé ne vaut pas grand-chose.

Puis son corps, sa présence, sa jeunesse, son mystère, son désir possible deviennent soudain extrêmement précieux aux yeux de gens qui possèdent beaucoup plus qu’elle.

Il y a quelque chose d’assez cruel là-dedans. Et quelque chose de troublant aussi.

Qu’est-ce qui fait notre valeur ?

Ce que nous créons ? Ce que nous possédons ? Ce que les autres désirent en nous ? Ou ce que nous choisissons nous-mêmes de donner ?

Je ne crois pas avoir consciemment posé toutes ces questions au moment où j’écrivais le livre. Mais elles sont là.

Et peut-être que le mot déesse, à la fin, vient aussi de quelque part par ici.

Une déesse n’est pas forcément celle qui possède le plus. C’est parfois simplement celle qui possède quelque chose que les autres désirent… et qu’elle reste seule à pouvoir accorder.

Être regardée : objectification ou puissance ?

Il y a une autre contradiction que je trouve intéressante aujourd’hui.

Tout au long du roman, Ophélie accepte progressivement de devenir un objet de regard. Son corps est préparé. Habillé — ou plutôt presque déshabillé. Présenté. Numéroté. Observé. Commenté. Désiré.

À première vue, on pourrait y voir une objectification totale.
Et il y en a évidemment une part.

Mais Ophélie n’est pas seulement victime de ce regard. Elle le recherche. Elle choisit en partie la manière dont elle va être regardée. Elle sélectionne son masque. Ses accessoires. Ses chaussures. La silhouette qu’elle souhaite présenter aux hommes qui l’attendent.

Elle veut devenir une image. Elle veut produire un effet. Ce qui ne supprime pas l’ambiguïté. Au contraire.

Le roman joue précisément avec cette frontière étrange entre : être transformée en objet de désir et utiliser le désir que l’on provoque comme une forme de puissance.

Les deux peuvent-ils coexister ?
Je ne suis pas certaine qu’il faille répondre.
Je préfère que le roman laisse la question ouverte.

Leslie, Julia, Ophélie : trois façons d’habiter son désir

Les trois femmes n’entrent pas dans L’Olympe de la même manière.

Leslie connaît déjà cet univers. Elle n’a pratiquement rien à découvrir. Elle sert de guide. Elle rassure. Elle pousse légèrement. Elle sait ce qui se trouve derrière chaque porte. On peut se poser des questions sur ses véritables intentions.

Julia, elle, avance avec davantage d’innocence et d’hésitation. Son esthétique elle-même le traduit : le blanc, la dentelle, la fragilité apparente.

Et Ophélie se trouve quelque part entre les deux. Elle possède déjà une culture du fantasme. Elle en écrit. Elle imagine énormément.

Mais cette connaissance est essentiellement mentale. Son imagination est probablement beaucoup plus expérimentée que son corps. C’est ce décalage qui rend son parcours intéressant.

Elle n’apprend pas réellement ce qu’est le désir.

Elle apprend ce que cela fait lorsque son propre corps rejoint enfin quelque chose que son imagination connaît déjà.

⚠️ Si vous ne l’avez pas lu, à partir d’ici, je parle librement de la fin du roman.

Et si le plus important s’était déjà produit avant la dernière porte ?

C’est presque ce qui m’amuse le plus lorsque je regarde la structure du roman.

Tout le livre prépare une soirée. Chaque chapitre rapproche les personnages de ce qui devrait être le cœur de l’histoire. Et lorsque la dernière porte s’ouvre… le roman s’arrête.

On pourrait considérer cela comme une frustration. Je crois aujourd’hui que c’est exactement sa logique. Il est désormais possible aux lecteurs de tout imaginer.

Parce que finalement, ce qui se trouve derrière la porte importe moins que la femme devenue capable de la franchir. Le véritable événement a déjà eu lieu.

Ophélie est entrée en hésitant. Elle termine devant une salle remplie d’inconnus, plus exposée que les autres, consciente du regard qui va se poser sur elle.

Elle a toujours peur. Elle ressent encore de la honte. Elle est toujours Ophélie.

Mais quelque chose s’est déplacé. La transformation précède l’expérience qu’on attendait.

C’est sans doute pour cela que je n’avais pas besoin de raconter davantage.
Ce que devait produire la lecture s’est déjà produit.

« Ce soir, je n’écris pas. J’existe. »

Ce sont les derniers mots ou presque. Et en les relisant aujourd’hui, je crois qu’ils résument tout le livre.

« Ce soir, je n’écris pas. J’existe. » Puis : « Je suis une déesse. »
Écrire et exister sont volontairement opposés pendant une seconde.
Pas parce qu’écrire empêcherait de vivre.

Mais parce qu’Ophélie avait peut-être commencé à utiliser l’écriture comme une manière de vivre certaines choses à distance. Elle pouvait inventer. Fantasmer. Contrôler. Mettre les mots entre elle et l’expérience.

Cette nuit-là, elle choisit momentanément l’inverse. Elle ne transforme pas encore ce qu’elle vit en histoire. Elle accepte de ne pas savoir comment cela va finir.

Elle entre.

Et après ?

C’est peut-être là que le roman rejoint d’autres histoires que j’ai écrites depuis.
Parce qu’après avoir vécu, il faut souvent revenir aux mots.

Comment raconte-t-on ce qui nous est arrivé ?
Que garde-t-on ?
Que transforme-t-on ?
Qu’est-ce qu’un événement devient lorsqu’on commence à l’écrire ?
Et surtout : que fait-on du regard des autres lorsqu’on décide de montrer ce qu’on a écrit ?

Ce sont des questions qui reviennent dans plusieurs de mes textes. Je ne m’en étais peut-être pas rendu compte aussi clairement au début. Le corps et l’écriture semblent constamment se répondre.

Parfois l’écriture précède le corps. Parfois le corps oblige à écrire.

Parfois le regard porté sur ce qu’on a écrit transforme la manière dont on ose continuer. Peut-être que mes romans parlent souvent de cela.

De ce moment où quelque chose a été vécu, désiré, imaginé ou subi — et où il faut ensuite trouver les mots capables d’en faire autre chose qu’un simple souvenir.

Alors, de quoi parle vraiment Vous faites quoi les filles ce soir ?

Oui, c’est un roman érotique.

Il y a des corps. Des masques. Des fantasmes. Une atmosphère BDSM. Du désir. De l’exhibition.

Une nuit qui promet d’aller très loin.
Je n’ai aucune envie de prétendre que tout cela n’est qu’un prétexte.
L’érotisme fait partie du plaisir du texte. Mais il n’est peut-être pas sa destination.

Le roman parle également d’une jeune femme qui commence à écrire et découvre la fragilité qui accompagne le fait de montrer quelque chose de soi. Se mettre nue.

D’une jeune femme qui sait imaginer beaucoup plus facilement qu’elle ne sait encore vivre. Du rapport entre identité et anonymat. Du regard. Du consentement. De la honte.

De la liberté étrange que l’on peut parfois trouver dans une contrainte choisie.

Et surtout de ce passage presque imperceptible entre : écrire ce que l’on n’ose pas vivre et oser vivre quelque chose dont on ne connaît pas encore la fin.

Peut-être est-ce cela, finalement, la dernière porte.

Pas celle de L’Olympe.

Celle qui sépare encore, pour Ophélie, la femme qui imagine sa vie de celle qui accepte enfin de l’habiter.

– Ophélie Deslys –

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Un commentaire

  1. J’ai beaucoup aimer lire ceci, je trouve ça très intéressant en plus d’en savoir bien plus sur tes œuvres d’art Magicienne 😊☺️

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