Une invitation

FREN

Le livre ouvert,
le silence s’épaissit —
le soir se penche.

Canapé tiède,
mon corps glisse lentement
hors de la veille.

Une phrase tremble,
je la lis à voix plus basse
comme un secret.

Entre deux pages
quelqu’un me regarde déjà
sans me voir.

Le temps se froisse,
je ne sais plus très bien
où me tenir.

Une invitation
sans mots, sans visage encore —
juste un frisson.

Je ferme les yeux,
le monde devient plus proche
en s’effaçant.

Dans l’obscurité
je reconnais ce désir
jamais éteint.

Ni rêve ni jour,
je reste là suspendue
prête à basculer.

Entre deux mondes
je n’ai rien promis — pourtant
j’ai déjà cédé.

Haïkus écrits à partir de mon texte :

« Entre deux monde »

Ophélie passe à table

OPHÉLIE DESLYS

4 commentaires

  1. Encore un texte magnifique,tu as vraiment de l’or dans les doigts,continue comme ça et nous reverrons de tes futur écris 🙂

    • Merci beaucoup pour ces mots, ils me touchent sincèrement.
      Si quelque chose passe, résonne ou reste, alors le texte a trouvé sa place.
      À bientôt, au fil des prochains écrits.

  2. J’ai lu ça d’un souffle… et j’ai senti ce frisson discret qui reste sur la peau.
    C’est doux, troublant, très enveloppant.
    On ne sait plus trop où l’on est, mais on a envie d’y rester. Et d’y revenir.
    Alexia

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