Entre deux mondes

Un soir, Ophélie s’endort. Quelqu’un l’attend de l’autre côté.

« Ophélie passe à table »

Un soir, Ophélie s’endort. Quelqu’un l’attend de l’autre côté.

Episode 1 : Entre deux mondes

Les derniers jours se sont empilés comme des dossiers mal rangés dans un coin de ma tête, lourds, bruyants, impossibles à faire taire, comme ces notifications qui clignotent sur mon téléphone. La liste des choses à faire s’accumule, et je la ressasse dans un coin de mon cerveau.

Ma chambre retrouve enfin la douceur d’une nuit qui s’étire hors du temps, avec juste le ronronnement lointain de la ville comme berceuse.

Je m’effondre sur mon lit, le corps vidé, les épaules douloureuses, les nerfs qui, peu à peu, relâchent leurs griffes. Le livre que j’ai ouvert repose contre ma paume, les lignes se brouillent, les mots se mélangent, coulent comme une encre trop diluée.

Ma respiration ralentit, mes paupières pèsent plus lourd que tout le reste, et, sans même m’en rendre compte, je bascule, sans lutter, dans l’entre-deux, à mi-chemin entre la veille et le rêve, le roman en équilibre sur ma poitrine.

***

La chaleur gagne, le sommeil s’installe malgré la tension qui ne voulait pas retomber. Enfin je pars. Le corps lâche avant la tête. Je glisse sans résistance. Je dors, je m’éloigne loin d’ici… Au pays des choses défendues.

— C’est quoi, cet endroit ? Nous sommes où ?

— Chez toi, ma chérie. C’est ton rêve.

— Que fais-tu dans mon rêve, John ?

— C’est à toi qu’il faudrait poser la question Ophélie.

Toujours perspicace John. Je lui souris. Lui tends la main. Il me conduit vers mon salon. La maison est vide ce soir, rien qu’à moi.

Mes bas de nylon glissent l’un contre l’autre à chaque pas, un chuchotement soyeux qui monte le long de mes cuisses. Le tissu de ma jupe, doux et froid à la fois, glisse sur mes cuisses, épouse mes hanches et frôle ma peau comme une promesse. John ne me touche pas, mais ses yeux verts — ces yeux qui savent déjà tout — me dévêtissent cent fois plus que des doigts.

Quelqu’un a fait le ménage, mis les petits plats dans les grands. Même l’évier est vide, récuré. Le robinet a été remplacé, il scintille sous la lumière douce des spots. Le sol est propre et tiède sous mes pieds nus, presque vivant.

On a allumé un feu dans la cheminée. Il fait presque chaud. Je ne reconnais pas la maison où j’ai grandi. Tout m’est familier. Et pourtant, rien n’est exactement là où je l’attendais.

John effleure mon poignet du bout des doigts. Je sursaute à peine :

— Ils vont adorer te voir comme ça, murmure-t-il.

J’entends des bruits étouffés et des chuchotements feutrés de l’autre côté de la porte.

— Tu es venue avec des amis ?

Des rires se rapprochent. Des voix graves qui m’attirent irrésistiblement, tel un envoûtement. Une main se pose sur la poignée. Mon cœur s’emballe.

Il me sourit :

— Oui, c’est toi qui les a invités. Ils sont venus pour toi Ophélie.

Qui sont ces invités mystérieux ?

Découvrez-le dans l’épisode 2…

Ce n’était que l’entrée. La suite arrive prochainement.

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Et vous à quoi ressemble « le pays des choses défendues ? »

2 commentaires

  1. On se laisse doucement transporter dans la chambre d’Ophélie qui s’évade dans une rêverie profonde. Une porte s’ouvre vers le pays des choses défendues , le désir de découvrir ce pays s’intensifie. Une interrogation reste en suspend , des rires se rapprochent, qui les à invités?
    Pour découvrir ces invités mystérieux il va falloir attendre l’épisode 2 .
    Vite Ophélie prend ta plume , impatient je veux découvrir la suite de ton rêve.

  2. Quel magnifique texte, on se laisse porter sous ta plume. J’aime beaucoup l’axe que tu as prit pour commencer cette série. Le paragraphe descriptif sur les bas nylons glissant, la jupe frôlant les cuisses est magnifiquement bien écrit. En attente de la suite mais déjà merci pour se début prometteur…

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