Pour la bande son : « Je n’veux pas rester sage » de Dolly.
Chanson qui m’a accompagnée durant toute la rédaction de cette nouvelle.
Pour écouter, cliquez sur l’image.

Je n’veux pas rester sage
J’aime le soufre et l’envie
Abuser de mon âge…
Je n’veux pas rester sage
Dolly

Je t’attends. Tu devrais déjà être là.
Je t’attends. Pourtant je sais que tu ne viendras pas.
Mais j’ai soif de connaître cette histoire entre toi et moi.
Je sais depuis le début que tu ne viendras pas.
Je l’avais deviné. J’aurais pu ne pas venir, rester sage.
Mais le mal est entré. Et depuis il y a de la place pour deux.
De la place pour ce désir, cette faim qui ne ressemble à rien de ce que je connais. Comme si mon corps avait décidé sans moi. Comme si mes cuisses s’étaient ouvertes d’avance à toi. Comme si ma bouche s’était déjà préparée à dire oui et à te faire tout ce qui, ligne après ligne de nos échanges, brûle mon imagination.
Il y a de la place pour deux. Deux dans ma tête. Deux dans mon corps. Deux dans cette attente qui me ronge. Deux et plus encore.
Je sais que tu n’existes pas. Que tu n’es pas celle que tu prétends être. Et pourtant, fébrile, tremblante, le rose aux joues, je t’attends, là, pour rien.
Je suis venue pour un souffle, pour un mensonge. Pour le frisson de croire, ne serait-ce que quelques heures, que tout ce que tu m’as annoncé pourrait arriver. La chaleur au creux de mes reins, tes doigts, ta langue.
Je n’en ai parlé ni à Louise ni à Alexandre. Aucun des deux ne serait jaloux, je le sais. Mais cela reste mon secret pour l’instant. Ils découvriront mon emploi du temps plus tard.
Louise sait que je collectionne les premières fois, c’est de mon âge. Elle m’y encourage. Alexandre appartient à une autre, et il n’a jamais réclamé de droit de propriété sur mon corps.
S’ils ne se sont jamais rencontrés, chacun connaît l’existence de l’autre. Nous avons construit quelque chose de rare, tous les trois, une liberté qui n’exclut personne et sans contraintes.
Mais cette histoire-là, cette attente ridicule sous le soleil de Chauvigny, je veux la garder pour moi encore un peu. Comme un journal intime dont je donnerais à lire ma version, le moment venu seulement.
J’ai vingt ans. Si je ne fais pas de choses complètement idiotes maintenant, quand le ferai-je ? Quand oserai-je me brûler les ailes ? Quand oserai-je vivre à voix haute un fantasme avec une parfaite inconnue, même si elle n’est qu’un leurre ?
Découvrez la suite dans ma nouvelle :
Je n’veux pas rester sage
NOUVELLE – avril 2026
Elle sait depuis le début que ça ne servira à rien.
Elle vient quand même.
Ophélie a vingt ans, quatre livres publiés, et une obsession qui dure depuis dix jours.
Une femme, une lectrice, rencontrée sur les réseaux. Trop belle, trop parfaite, trop floue.
Tout ce qu’on reconnaît comme un mensonge — et qu’on choisit de croire quand même.
Ce matin elle s’est épilée. Elle n’a rien mis sous son short. Elle a réservé pour deux.
Je n’veux pas rester sage est une nouvelle écrite au plus près du corps et de la vérité.
Le récit d’une attente, d’un désir qui déborde, et d’une jeune femme qui apprend quelque chose d’elle-même sous le soleil de Chauvigny.
Pas de sagesse. Pas de regrets.
Une nouvelle courte,
intime et troublante.
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Édité par ODELYS – 20 pages – durée de lecture 20 mn
