Chambre 313

Découvrez les trois premiers chapitres de Chambre 313,
mon nouveau roman sorti le 15 mai 2026.

Oserez-vous franchir la porte ?

Elle sait ce qui me fait du bien et ce que je suis venue chercher.
Je n’ai pas besoin de m’asseoir sur la chaise, ou de m’allonger sur le divan, pour me faire raccommoder le cœur. Je ne suis plus sa patiente.

CHAPITRE 1

Louise m’avait prévenue. Aujourd’hui je perdrai le contrôle.

Troisième étage. Chambre 313. Viens comme tu es.

Je ne sais pas si j’arriverai à supporter ce traitement encore longtemps.

Je devrais serrer mes cuisses. Ce serait la solution pour éviter l’accident. Mais elle me retient. À genoux. Écartée.

En appui sur mes bras tremblants, collés au matelas, je lui appartiens. Sa voix, dans mon dos, m’encourage à lâcher prise. Laisser partir mon corps.

Le libérer de ses dernières pudeurs.

La lumière du printemps inonde la chambre d’hôtel. Trop claire. Trop honnête. Elle expose tout. Ma peau. Mes tremblements. Mon abandon.

Nos corps plus complices que jamais.

Elle pose son doigt sur ma bouche pour me faire taire. Me faire comprendre qu’elle ne cédera pas.

— Tu es venue exactement pour cela ma belle ! murmure-t-elle en posant son index sur mon clitoris avant de le faire rouler entre ses doigts.

Elle reprend les commandes. La laisse claque. Le collier tire sur mon cou. Les battements de mon cœur se serrent dans ma gorge et me rappellent ce que je suis devenue.

La soumise de Louise.

Je l’implore, je l’alerte que je ne contrôle plus rien. Que cela va très certainement mal se terminer. En boule, au creux de mes poings, mes ongles retiennent les draps défaits. Ses doigts ne cessent de m’infliger la plus délicieuse des tortures.

— Tu es venue avec un problème, tu en as maintenant un tout autre, se moque-t-elle d’un ton coquin. Tu es peut-être une fille à problème… Qu’en penses-tu ?

Sa voix est langoureuse. Sa langue joue avec mon oreille.

— Ce n’est pas un problème Ophélie.

— Je ne vais pas pouvoir me retenir…

— Qui t’a demandé de te retenir ?

Son souffle chaud attise mes tremblements. J’entends chacune de ses respirations. Elle place ses mains sous ma poitrine et la saisit plus fort. Je me raidis. « Pas ça… » ai-je envie de crier.

Surtout pas ça.

Mais mes seins remuent déjà entre ses doigts. Elle les malmène. Elle les secoue doucement, pesant leur chaleur dans ses paumes. Ils réagissent immédiatement.

— Sensible ? rit-elle.

Je n’arrive plus à répondre. Elle frotte sa poitrine contre mon dos, ça m’électrise encore un peu plus.

Ses ongles me griffent. Louise lit en moi comme dans un livre ouvert. Elle sait maintenant que ces deux pointes, incroyablement rouges et gonflées, sont un autre de mes points faibles.

Elle les pince et les tord doucement. Insiste. J’observe ses doigts me malmener. Implorante. Reconnaissante. Sans pouvoir détourner les yeux.

Elle ne m’épargnera rien.

Je gémis de plus belle. Lorsque je veux parler, il ne sort plus que des grognements de ma gorge.

— On dirait que ça te plaît… Aimerais-tu avoir mal, par hasard, ma petite chérie ?

À cet instant, la partie est déjà finie. Impossible d’ignorer comment cela va se terminer. Mais elle n’en a cure.

Mieux, elle veut que cela se finisse ainsi. Cela serait sa victoire.

Elle prend son temps, sûre d’elle.

Et c’est ainsi que j’accepte l’inévitable.

Je ne lutte plus. Advienne que pourra.

CHAPITRE 2

Elle veut m’infliger cette petite blessure d’orgueil, autant qu’elle veut m’offrir ce plaisir inconnu. Me montrer qu’elle fait ce qu’elle veut de moi.

Qu’elle me possède.

J’essaie encore de lui expliquer.

Pas pour lui demander que cela cesse. Non. Au contraire.

Mon corps entier devient une machine vorace qui réclame. Qui demande qu’on la remplisse encore et encore. Toujours plus enfoncée sur le gode qui me pistonne, qu’elle porte comme un sexe d’homme toujours raide, inflexible et brûlant.

Je profite d’un bref répit. Je réussis à dire deux mots, elle pose sa main sur mes hanches. Ajuste l’angle d’un mouvement profond qui me fait voir trouble et bleu un instant, avant de retrouver lentement la vue. J’ai l’impression d’être écartelée.

— Tu veux que je m’arrête ? me défie-t-elle.

La pression irradie mon ventre. Trois mots trouvent le chemin de mes lèvres pour l’implorer. La supplier de continuer. Ne pas me laisser dans cet état.

— C’est bien ce que je pensais ma belle.

Je ne me lasse pas d’entendre sa voix. Autoritaire et gourmande à la fois.

Son visage angélique dominant ma croupe de toute sa hauteur. Je frissonne des cheveux jusqu’aux orteils.

Je frotte mes seins dans ses mains qui s’en servent comme de poignées. Elle les soupèse avant de les soulever dans les airs et les serrer.

D’un mouvement de hanches, cette fois c’est moi qui recherche son contact. La chaleur douce de son corps et de cette queue qui m’ouvre en deux.

À bout de force, mes bras se plient. Je chute sur les coudes, essoufflée. Mes cheveux collés sur mes joues et mes épaules.

D’un mouvement de hanche autoritaire elle m’oblige à me redresser comme un « i » et venir me lover dans ses bras. Mon dos appuyé sur ses seins moelleux.

Elle sourit, me caresse doucement le visage. Rassurante. Prenant soin d’un animal blessé.

Elle murmure à mon oreille comme si j’étais une pouliche rétive. Avant de me renvoyer voler dans les plumes d’un geste sec du bassin. Elle replace l’oreiller sous mon visage. M’enfonce la joue dedans.

Elle reprend avec la même lenteur. Avec la même profondeur.

Jusqu’à ce qu’une voix que je ne reconnais pas sorte de ma gorge et résonne tel un écho dans toute la pièce.

Il est impossible que tout l’étage ne m’entende pas.

Elle respire plus fort. Je sens son corps trembler. Je sens sa nervosité pulser jusqu’au fond de mon ventre.

Je sais qu’elle va jouir elle aussi. En étant en moi.

Elle accélère. Je réponds d’un coup de reins. Plus fort. Elle me le renvoie. Plus puissant encore. Mon front se rapproche dangereusement de la tête de lit.

— Ophélie, putain ! gémit-elle.

— Louise !

Ses doigts se referment sur mes fesses comme des griffes. Elle me secoue tel un prunier, ma joue s’enfonce dans l’oreiller. Sa main s’abat sur ma croupe.

— Et ça aussi, t’aime ça ? rit-elle, la voix saccadée.

Ce qui devait arriver arrive. La chaleur grimpe. La vague monte. Se déverse. Inévitable. Inexorable. Violente.

J’ouvre les vannes. Complètement. Je perds totalement le contrôle.

Même la honte — faire cela devant elle — ne parvient pas à m’arrêter. Mon corps ne m’obéit plus. Plus rien ne m’obéit.

Je suis à bout de force. Suffocante. Une loque.

Elle se retire, me laissant ouverte. Souillée. Dégoulinante de lubrifiant et de ma propre humidité.

Le visage couvert de larmes.

Et de bonheur.

CHAPITRE 3

Je tremble encore. De ce qu’elle m’a fait et de ce que j’ai fait.

— Rassure-toi. N’y pense plus. Tu n’es certainement ni la première ni la dernière… J’espère que tu ne pleures pas pour ça. Ce ne sont que des draps.

Mon regard reste figé sur la flaque sous mes fesses. Ma jupe et mes bas souillés.

Ses doigts glissent dans mes cheveux.

— Tu es belle. Tu ressembles à un ange. Il va t’apprécier. Te dévorer.

— J’ai peur de ne pas être à la hauteur. J’en ai le ventre noué, j’en tremble rien que d’y penser.

— Tu seras à la hauteur. Je t’ai préparée à cela. Je serai là. Tu n’auras qu’à te laisser guider. Tu ne seras même pas obligée d’inventer quoi que ce soit. Seulement être soumise et obéir comme tu sais si bien le faire.

Elle ne se départit pas de son sourire. Fière d’elle. Fière du spectacle que je lui offre. Autant pour elle que pour moi. Allongée dans ma propre saleté. Incapable de nier ce que je suis devenue entre ses mains.

— Va te laver.

Je ne bouge pas. Je veux rester. Je l’observe.

Je n’arrive pas encore à me décider. Je dois encore me remettre de mes émotions. Je veux immortaliser ce moment, malgré les sentiments contradictoires que cela m’inspire. Ou justement à cause d’eux.

Mes doigts jouent avec ma laisse. Cette chaîne dorée accrochée à mon cou. Que j’accepte de porter à chaque rendez-vous. Ce moment que j’attends impatiemment, comme chacune de nos retrouvailles.

Les règles sont claires entre nous. Elle a Quentin. J’ai Alexandre.

Néanmoins, j’aimerais habiter plus près. Une heure de route pour la retrouver, une heure à souiller mon string en dentelle sans pouvoir me la sortir de la tête, c’est chaque fois trop long. Je pourrais sans doute la voir tous les jours, que je ne m’en lasserais pas.

Chacun de ses messages sur mon téléphone m’excite avant même que je ne l’aie ouvert. J’ai besoin de l’appeler plusieurs fois par jour. Même si je ne le fais pas.

Je n’ai jamais connu une telle situation. Aucun homme ne m’a jamais mise dans un état pareil. Pas comme cela en tout cas. J’ai appris à reconnaître quelque chose d’unique.

Même si je suis encore dans ma propre souillure, je reste fascinée. Je n’ai nullement envie d’oublier. Je veux me souvenir de ce plaisir honteux et vertigineux. Je pensais que ça n’arrivait qu’aux autres.

— Merci Maîtresse.

Une à une, elle défait les sangles du harnais qu’elle porte à sa taille et autour de ses cuisses. Elle est belle. Magnifique. Amazone harnachée, guerrière, et tellement féminine à la fois avec ces seins sublimes et fermes que je ne cesse de désirer. Ses tétines roses et cette jolie peau blanche presque transparente.

Je n’avais jamais regardé une femme ainsi.

Son corps entier est sublime. Ses cheveux noirs noués sur sa nuque caressent son visage empli de douceur et de bonté. Qui pourrait soupçonner ce dont elle est capable ?

Je me redresse pour m’approcher d’elle. Je l’aide à défaire les dernières boucles. Je retire lentement le gode de son vagin. Elle ne l’a pas choisi de petite taille.

Elle me laisse faire, tout en me surveillant. Ses paupières tremblent un peu. Ses cils papillonnent lorsque je la libère enfin, la laissant lèvres grandes ouvertes et poisseuses.

Mes coudes retrouvent leur position sur le rebord du lit. Je lèche pour nettoyer son intimité. Elle me couve avec cette bienveillance dans le regard, et ce petit air de supériorité qui me transpercent. Mon dos se cambre lorsqu’elle l’effleure. Je suis aux anges.

J’embrasse sa poitrine. Elle me répond en posant un doigt sous mon menton pour me faire relever le visage. Dépose un baiser sur mon front. Puis sur mes lèvres.

— Merci Maîtresse.

— Tu m’as déjà remercié cent fois, Ophélie. File sous la douche.

Je ris en tendant mon cou.

— Non. Tu vas la garder sous la douche. Je n’en ai pas fini avec toi.

Je fais l’innocente, en me mordillant les lèvres et en la regardant amoureusement. Mais il ne sert à rien de négocier. D’ailleurs, en vérité, pour rien au monde je n’ai envie qu’elle me retire mon collier. Plus je le porte… mieux je me porte.

Je sais comment l’attendrir. Elle essaie de reprendre un air sérieux devant mes enfantillages :

— Ce que tu m’as dit en arrivant sur cet ami nécessite un éclaircissement. Maintenant que tu as les idées plus claires, cela devrait aider.

Elle éclate de rire en me gratifiant d’une petite claque sur mon postérieur.

— En attendant, file te laver. Tu pues.

Je descends du lit et j’obéis sans discuter. Vacillante. Je lui tends mon téléphone.

— Le code est ma date de naissance, dis-je.

Elle hoche les épaules et secoue la tête.

— Sérieusement ? Tu es imprudente.

— Vous avez raison… Je mettrai la vôtre dorénavant.

— Je reviens sur ce que je viens de dire. Ophélie, tu es aussi belle que consternante !

Je file direction la salle de bain, en tortillant des fesses, toujours un peu joueuse. Déjà un peu libérée.

Impatiente de découvrir ce qu’elle me réserve pour la suite.

Je viens de lui confier tout ce qu’il lui faut.

Tout le nécessaire pour perdre complètement le contrôle. […]

Vous êtes entrée…
Vous n’avez encore rien vu.
Le suite vous attend…

Chambre 313 par Ophélie Deslys
98 pages • Lecture environ 1h à 1h30

Chambre 313 est disponible sur
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Chambre 313

Tu écris.
Tu publies.
Tu jouis.
Tu existes.
Et ça… ils ne le supportent pas.

Après les critiques d’un ami qu’elle admirait, Ophélie doute de tout.
De son écriture.
De sa légitimité.
De son droit même à prendre la parole.

Dans la chambre 313, Louise lui propose une autre leçon.
Une leçon de désir.
Une leçon d’abandon.
Une leçon de liberté.

Parce qu’il existe parfois une seule façon de faire taire ceux qui prétendent décider qui a le droit d’écrire : continuer.

Un roman érotique court, intense et sensible,
tendre comme un châtiment,
où les véritables entraves ne sont pas toujours
celles que l’on porte autour du cou.

Chambre 313 est disponible en
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