Un soir, Ophélie s’endort. Quelqu’un l’attend de l’autre côté.

– Ophélie passe à table – Episode II

Trois silhouettes masculines, floues comme des ombres bienveillantes, se tiennent autour de moi. Leurs rires sont doux, leurs regards brûlants.

Leurs pas félins se glissent dans la maison, leurs regards me dévorent avant même que je ne bouge.

— Tu es encore plus belle que dans mes souvenirs, chuchote l’un d’eux en effleurant mon épaule.

Je frissonne. J’ignore où et quand nous nous sommes déjà rencontrés. Jamais sans doute. Je n’aurais pas oublié un homme comme lui.

John les rejoint, je le regarde avec surprise et reconnaissance.

— Nous sommes à l’heure ma chérie, me dit-il tout simplement.

Il sourit, un sourire qui promet des folies. Avec lui je peux me le permettre. Je lui fais une confiance absolue. Il est mon ange gardien en quelque sorte. Il n’y a pas d’endroit plus sûr au monde que sous son aile. Personne ne se méfie d’un gendarme.

Les trois autres hommes rient, leurs voix graves et chaudes comme un vin vieux.

— Vous êtes vraiment là ? je demande en rougissant, les doigts posés sur le bord de mes lèvres

— C’est ton rêve, Ophélie. On ne fait que te rendre visite.

— Vous êtes les bienvenus Messieurs. Installez-vous, faites comme chez vous ! Comment puis-je vous être agréable ?

Mon regard étudie les hommes les uns après les autres, puis balaie la pièce chaleureuse et lumineuse comme un rêve en sépia.

Tout est déjà prêt, quelqu’un a allumé des bougies parfumées, le bois crépite dans la cheminée.

Des mets disposés dans des saladiers attendent sagement le début du festin. Rien n’est trop beau.

— John, tu as fait tout ça pour moi ? je demande en mordillant mon index comme une petite fille le jour de son anniversaire.

— En quelque sorte. Je savais que ça t’exciterait.

— Tu me connais si bien… Tu sais toujours ce qui va me plaire…

Je n’ai jamais osé en parler, pourtant. Mais dans ce rêve, tout est permis.

— Tu n’as pas eu besoin, me répond-il comme s’il lisait dans mes pensées.

Il sort une bouteille de Vouvray pétillant du frigo. Les flûtes tintent tandis qu’il sert mes invités guillerets, avant que le plus âgé de tous propose de porter un toast à ma beauté.

Je lève mon verre en rougissant, en me demandant lequel de ces trois inconnus a le regard le plus troublant. Lequel ne me traverse pas déjà de part en part. Lequel n’est pas en train de brûler mes vêtements.

***

Ils me conduisent au milieu du salon en me tenant la main, perchée sur mes talons comme une princesse conduite au bal. Ce soir je n’ai plus envie de cacher mes pouvoirs. Je sais que le secret survivra. Le bien, le mal, je dis tant pis. Le feu a pris dans la forêt, et je ne suis pas de glace.

Ils s’installent autour de la table basse, comme s’ils connaissaient les lieux par cœur.

— Mets-toi à l’aise, princesse. Tu veux qu’on commence par quoi ? demande un invité, les yeux brillants de malice.

— Par moi, je réponds, plus audacieuse que je ne le suis en réalité.

Ils m’allongent sur la table, au centre de leurs regards, comme une offrande. Sur le dos d’abord. Mes cheveux épars autour de mon visage comme si mon corps flottait à la surface de l’eau au gré du courant tiède. Je souris en les observant l’un après l’autre, gardant la pose. Alanguie. Immobile. Comme une mise en bouche. Ils terminent leurs verres, me rendant presque narcissique.

— Mets-toi à quatre pattes, genoux serrés, remue ton popotin pour nous mettre en appétit, me demande l’homme brun aux yeux de braise.

Je m’exécute. Je ris, me tortillant sous leurs doigts qui me chatouillent en remontant sous ma petite jupe noire.

— Mignon tout plein ! Adorable petit fessier… Ça donne envie de croquer dedans à pleines dents !

— Ça doit faire terriblement mal ! je réponds ingénue en me cambrant de plus belle.

Des mains glissent le long de mes bas. Découvrent la dentelle de mes jarretelles ceignant le sommet de mes jambes.

D’autres m’aident à me débarrasser du boléro qui habillait mes épaules. Je reprends la pose en me mordillant les lèvres. Je remets une mèche de cheveux derrière mes oreilles, mais je me fais aussitôt reprendre.

— Garde tes mains à plat.

— Pardon Monsieur ! je minaude en lui jetant un regard coquin.

— Très jolie jeune femme… dit le métisse.

Il me mange des yeux, je le regarde avec malice. Il est le plus mûr des quatre sans aucun doute, peut-être la cinquantaine même, mais son regard chaleureux me fait craquer autant que sa musculature et sa peau caramel. Il me voit comme une proie, un mets délicat. Et ça j’aime ça.

J’ai envie de lui demander s’il ne veut pas défaire deux boutons de sa chemisette. Même trois. Soyons fou. C’est mon rêve après tout.

— Elle est surtout d’une extrême gentillesse, à ce qu’il paraît, dit un autre brun aux cheveux très courts comme John.

— Vous exagérez… dis-je en rougissant de plaisir

— Je suis polynésien, me dit l’homme coloré. Je m’appelle Paul. Vous devriez venir visiter Tahiti, vous connaissez ?

— De nom…

Il passe sa langue sur ses lèvres avant de les mordiller. Je baisse les yeux.

Le trouble m’envahit peu à peu. Comme un poison chaud et lent dans mon corps.

— J’adore les Françaises, et vous êtes un des plus charmants spécimens qu’il m’ait été permis de rencontrer… Vous me rendez déjà tout chaud !

— Vôtre galanterie est une gourmandise Monsieur, dis-je ne sachant que répondre à tant d’enthousiasme.

— J’aime votre belle peau de blanche. Laiteuse et soyeuse…

Nos regards se croisent déjà complices dans la luxure.

— Ne dites pas cela Monsieur, je risquerais de vous croire ! dis-je d’une voix intimidée et gourmande.

Leurs gentillesses me grisent. Je sens mes reins perler au creux de mes cuisses et mes dessous en dentelle s’humidifier.

— Apprends à accepter les compliments que tu mérites, me répond John en remontant ma jupe sur mon dos.

Mon petit derrière à peine recouvert par mon string est empli de honte comme de chaleur. Je me mets sur les avant-bras, les fesses relevées comme une offrande, en remuant sensuellement ma croupe pour aguicher ces messieurs.

— On ne met pas ses coudes sur la table ! me reprend Paul en me claquant gentiment le derrière.

Je le remercie en me redressant sur les mains tandis qu’il dépose un baiser sur chacune de mes fesses.

— Arrêtez Monsieur Paul, sinon elles vont rougir comme deux tomates !

— Je vais attendre que tout le monde soit servi, me répond-il.

Ils me déshabillent lentement. Ma jupe tombe, puis mon pull. Je reste en lingerie noire, dentelle fine qui épouse mes courbes comme un dernier vestige de timidité et de pudeur.

Ils ne quittent pas mon corps des yeux, et ma poitrine se sent déjà dévêtue malgré l’étoffe qui la recouvre encore.

Ils peuvent tout voir. La trace sombre qui se forme contre mon intimité. Mes seins qui ne boudent pas leur plaisir. Mes petites pointes déjà saillantes, rondes et tendues comme deux perles sous la dentelle.

— Allonge-toi sur le dos, il est l’heure de passer à table.

— Nous avons grand faim.

— Tu nous as ouvert l’appétit ! dit le beau métisse en m’aidant à m’étendre délicatement au centre de leurs convoitises.

Mon corps obéit instinctivement sous leurs yeux qui me brûlent.
Je m’étends tremblante.
Prête à leur servir de table.

Etais-je conviée ? Ou allais-je servir ?

Découvrez-le prochainement dans l’épisode 3…

L’apéritif n’a pas encore commencé…
La suite arrive prochainement.

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Et vous… passeriez-vous à table ?
Ou préférez-vous rester sur le canapé?

9 commentaires

  1. rès sensuel ..très chaud ..très bon déroulement des scènes …description des personnages ..des pulsions ..tu sais te mettre en avant et au centre des scènes ..on lii sauvagement l’entrelacement de tes lignes ..et bien plus ..on s’imagine présent ..et presque acteur ..la raison nous abandonne ..pour tendre un bras ..une lévre ..un baiser vers ton invitation au voyage des désirs ..de la luxure

  2. J’aimerais pouvoir me souvenir de mes rêves avec autant de précision. Malheureusement au réveil il ne reste qu’une vague mélodie. Je l’enregistre et en fais une chanson. Texte facile à lire. Enchainements logique. Une pointe d’humour et beaucoup d’érotisme. Les draps s’en souviennent.

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