AVERTISSEMENT : ce texte contient des scènes à caractère sexuel explicite. Il est destiné à un public adulte et averti.

Un soir, Ophélie s’endort. Quelqu’un l’attend de l’autre côté.

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– Ophélie passe à table – Episode III

La chaleur de la cheminée irradie dans le salon, transformant l’air en une caresse épaisse. Je suis déjà à moitié nue, allongée sur la petite table rectangulaire en chêne. Prête à servir de meuble de salon à ces messieurs.

Ma lingerie, un ensemble de dentelle noire, épouse mes courbes, mais ne cache rien de mes tétons durcis sous le tissu, ni le feu qui palpite au creux de mes reins.

Même si j’essaie de ne pas y penser, de faire comme si de rien n’était, je ne suis pas innocente, et j’ai très bien vu l’effet que je provoque en haut du pantalon de mes invités.

Mon cerveau curieux, épuisé — obsédé ? — s’imagine déjà monts et merveilles, j’en bave certainement dans mon sommeil, tandis que je fais frotter mes fins bas noirs l’un contre l’autre, pour subjuguer une nouvelle fois le beau métisse aux yeux charmeurs.

Pour l’appâter. L’appeler à venir se rendre entre mes jambes de toute urgence. Il ne se fait pas prier, et j’espère qu’il aime le spectacle que je lui offre.

La trace sombre de mon désir s’étale déjà sur mon string. La dentelle s’humidifie à grosses gouttes sous leurs regards ; le tissu s’assombrit et brille comme une flaque d’huile.

Ce détail n’échappe pas non plus à l’homme blond, cet homme légèrement en retrait des autres, qui m’observe plus qu’il ne me touche. Ses yeux semblent photographier chaque menu détail de mon corps offert, comme le ferait un artiste contemplant son œuvre.

Il ne parle pas, et je ne peux qu’imaginer ce qu’il pense. Il me juge en silence ; pourtant je devine tous les mots les plus dégradants que lui inspire une jeune femme de mon âge qui se comporte de la sorte, et se donne comme moi pour servir d’objet de plaisir.

Je pourrais lui demander de partir, le chasser de mon rêve. Mais je veux qu’il reste, et j’espère qu’à un moment ces mots sortiront de sa bouche.

Au moins pour qu’il me les murmure à l’instant X, au creux de mon oreille, pour me faire défaillir complètement, pour me recouvrir d’une honte aussi malsaine que délicieuse.

Les poches de son jean sont anormalement alourdies. Ma langue glisse sur mes lèvres en s’en délectant par avance. J’en ai l’eau à la bouche. Je nage en plein fantasme charnel. Mon rêve est plus pénétrant que la réalité, et pourtant je n’ai encore reçu que caresses et baisers.

John me sort soudainement de mon rêve — ou m’y ramène — en effleurant ma nuque.

— Détends-toi, Ophélie. Souviens-toi que c’est ton rêve : il ne t’arrive que ce que tu désires en secret.

— Continue, je ne veux pas vous faire attendre, je ris.

La voix de John est douce, mais ses yeux verts brillent d’une lueur qui me fait frissonner. Je me redresse légèrement pour me souvenir du goût de ses lèvres. Il me rend mon baiser, avant que je ne m’exécute, les bras en croix, les cuisses légèrement écartées aux coins de la table.

— Comme une offrande, murmure l’un des invités, le brun aux cheveux courts.

— Ou comme un festin, complète un autre.

— Les deux, je réponds en riant, le souffle déjà court, en me mordillant les lèvres d’impatience, défiant l’assemblée du regard.

Ils me redressent, me déshabillent lentement de mes derniers vêtements. Mes seins tendus sont libérés, délivrés — mon soutien-gorge est dégrafé.

Mon string souillé est décollé de mon intimité, puis descendu jusqu’à mes genoux comme une pièce de collection, que les hommes se passent de main en main et frottent sur leurs narines comme si c’était du n° 5.

— Ferme les yeux, Ophélie, murmure John. Laisse-toi guider.

Je ferme les paupières, et soudain chaque toucher est décuplé — leurs doigts sur ma peau, leur souffle sur mon cou, leurs mains qui m’accompagnent vers ma destinée, qui m’installent convenablement comme on dresse une nappe.

Je me tiens immobile, gentiment, à l’endroit qui m’est désigné. Au centre de tous les regards, sur la table basse au milieu du salon. Le bois est lisse sous mon dos, presque tiède, comme s’il avait attendu ce moment.

Les yeux fermés, je ne suis plus qu’un corps, une offrande. Et c’est étrangement libérateur.

Lorsque je les rouvre, je croise le regard de l’homme blond, et j’ai l’impression que ce n’est pas John le véritable chef d’orchestre. Mais cela ne fait que pimenter les choses.

Alors je supplie du regard l’inconnu aux yeux bleus brillants de ne pas me faire de mal et de me faire vivre un bon moment. Mais son regard reste silencieux, comme si je n’étais qu’une jolie pièce d’exposition dont il est le maitre de cérémonie, un faire-valoir à son œuvre, à sa gloire, et rien de plus.

Cette froideur proche de la condescendance pourrait refroidir, et pourtant ce que je ressens comme une forme de sévérité, me fait frissonner au creux de mon ventre comme une coulée de lave, lorsqu’il vient poser un ramequin de guacamole au-dessus de mon pubis.

Je dois admettre que j’aime sans doute aussi les hommes comme ça : les regards de glace, les esprits rigides. Cette forme de rigidité. D’arrogance. De domination masculine à l’état pur, presque barbare, nordique, malgré son apparence civilisée.

— Regardez comme elle est prête, commente Paul, le beau métisse, en effleurant ma cuisse du bout des doigts. On dirait qu’elle nous attend depuis toujours.

— Peut-être que c’est le cas, je réponds, les joues en feu.

Le blond pose sur mon ventre un plateau en métal glacé, plein de bonnes petites choses à picorer. Je ne sais pas encore ce qu’il fait là, pourquoi je l’ai fait venir dans mon rêve. Mais j’espère en savoir bientôt un peu plus sur cet inconnu et ce qu’il dit de moi.

— On ne mange pas avec les doigts, dit-il, un sourire en coin à ses camarades. Mais on peut faire des exceptions…

— Surtout pour elle, ajoute John en trempant une lamelle de carotte crue dans mon jus, qui coule déjà le long de mes cuisses.

Je retiens un gémissement en le regardant se lécher le pouce et l’index luisant comme s’il venait de les sortir d’un pot de miel. J’en veux encore, même si je n’ose pas le dire. C’était trop bref. Je minaude pour qu’un autre invité imite John, et je suis servie.

Les bâtonnets de carotte, puis de concombre, puis de surimi — apparus par je ne sais quel enchantement — se succèdent les uns après les autres avec impatience — chaque fois plus gros et envahissants — jusqu’à ce que je me cambre et gémisse, en conservant de plus en plus difficilement l’immobilité de mes hanches. C’est une vraie souffrance.

John défait sa ceinture et attache mon bassin à la table avec un air satisfait. La boucle de la ceinture se referme sur mon corps solidement arrimé.

— On va prendre notre temps, Ophélie. Doucement. Du calme. Le plat principal, c’est toi, me dit-il en me redressant la tête et en portant une flûte de Vouvray à ma bouche.

Je bois religieusement le liquide pétillant et sucré sous ma langue. Je le remercie pour tout, tendrement, du regard, encore à peine remise de mes émotions.

Puis il fait couler quelques gouttes du vin mousseux doré au creux de mon nombril, à l’endroit où je porte ce piercing. Je ne sais pas comment je vais pouvoir supporter tout cela plus longtemps. Peut-être que je ne le pourrai pas. Mais je ne veux pas me réveiller. C’est trop bon !

Il tend la main aux convives pour leur proposer de l’imiter. L’un après l’autre, ils viennent à genoux boire au creux de mon ventre devenu calice, tandis que les légumes crus continuent leurs va-et-vient entre mes cuisses qui s’agitent comme une paire de ciseaux sauvages.

Ils picorent dans les ramequins posés sur mon corps, leurs doigts effleurant ma peau, leurs bouches murmurant des compliments entre deux prises sur mes seins qui se dressent en réclamant.

— Tu es plus douce que le guacamole, dit Paul en léchant l’intérieur de mon nombril. Et bien plus savoureuse.

— Vous exagérez, je murmure en rougissant.

Mais mon corps trahit mon excitation. Mes hanches se soulèvent malgré moi, cherchant un contact plus profond au creux de mes reins.

Paul le comprend tout de suite ; le liquide s’échappe, et après avoir cédé sa place près de mon ventre, il s’installe entre mes genoux pour nettoyer une traînée de jus à l’intérieur de mes cuisses.

— Non, répond John en glissant une main à son tour entre mes lèvres rouges et poisseuses. Nous sommes très précis.

Ses doigts trouvent mon clitoris, déjà gonflé, et je sursaute.

— Attends, je proteste faiblement, les doigts crispés sur les bords de la table.

— Pourquoi ? sourit-il, ses yeux verts brillants de malice. Tu as peur qu’on te mange toute crue ?

— Non, dis-je, le souffle court. Je ne veux surtout pas que vous vous arrêtiez. Mais je crois avoir entendu un bruit !

Je tends l’oreille. Mais peut-être est-ce une hallucination.

— Ce n’est rien, Ophélie. C’est un chien qui aboie dans le lointain. Poursuis ton rêve.

— Je sens que je me réveille, John, et je ne veux pas !

— Alors rendors-toi, mon trésor, reste avec nous !

Je le supplie :

— Donne-moi la main, John ! S’il te plaît, ne me laisse pas partir ! Je veux connaître la fin !

Le rêve s’arrête-il là ?
Ou allais-je pouvoir connaître la fin ?

Réponse peut-être dans un autre épisode… ou pas.

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6 commentaires

  1. Encore une merveille signé la magicienne des mots 🙂 je me suis senti transportait et j’aimerais bien être un des hommes du rêve XD continue ainsi Ophélie car tu as de l’or dans les mains 🙂

  2. Je découvre ta série au troisième épisode, et c’est avec gourmandise que je l’ai découverte. Merci pour tes textes si savoureux ! Hâte de recevoir ton livre.

  3. Texte torride et non moins virtuose. Chaque détail de cette chevauchée érotique est sublimé à son paroxysme. Ophélie mérite que son rêve se réalise.

    • Je travaille à la suite, mais je ne suis pas encore satisfaite de ce que j’ai écrit, je prendrai le temps de la retravailler encore en espérant trouver la bonne note pour la publier.

  4. Magnifique texte tres bien écrit le texte est doux tres sensuel qui donne une réelle envie d’être autour de cette table charnelle et de participer à se rêve d’Ophéie

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