
À mon réveil, le soleil est à son zénith. Ma robe froissée est en désordre. J’ai fait un rêve érotique qui m’imprègne encore. J’étais une princesse déchue, je portais des chaînes, un homme sans visage me brutalisait dans un cachot, avant que je ne cède de plaisir, livrant mon corps tout entier à son envie animale.
Ma culotte en porte les stigmates lorsque je l’étire pour constater les dégâts. Tout de même…
Sur le dos, je termine toute seule ce que j’ai commencé dans mon sommeil, la main entre mes jambes. C’est un moment particulièrement doux où j’oublie tout.
Comme un passage en machine. Comme l’odeur de la lessive. Quand on respire le linge propre avant de l’étendre.
Sans retirer ma culotte, pendant que je la porte encore sur mes fesses, je la prends en photo sous tous les angles, devant, derrière, entre mes cuisses ouvertes, sur le dos, sur le ventre… Je l’enlève et je l’emballe soigneusement dans son sachet plastique d’origine.
Je poste les images, j’écris un petit commentaire croustillant narrant cet épisode, je fixe le prix, je regarde quel est le relais le plus près, je valide avant de rebasculer mon téléphone en mode restreint.
Je n’ai pas honte de la façon dont je paie mes études et m’offre des extras. J’assume, c’est plus délicat et agréable que quémander un prêt auto à un banquier binoclard qui laisse traîner les choses pour vous mater sous toutes les coutures, puis devenir insistant pour vous inviter au resto. Et cela fait des heureux des deux côtés.
J’aide maman à payer la maison de retraite et les factures qui s’empilent.
J’en enfile une plus osée, encore dans son emballage, avant de me raviser et enfiler mon bas de maillot de bain noir deux-pièces tout neuf également. Bonne pioche. Il est encore plus affolant que les images de la boutique en ligne ne le suggéraient.
Je le porte bien.
Je m’admire dans la glace.
Gabriel ne verra jamais ça. Dommage pour lui. D’ailleurs il ne me touchera plus. Comme ça, c’est réglé. Il n’en avait finalement qu’après cela. Mes jolis yeux. Mes seins. Mon cul. Mes culottes. Posséder mon corps. Il ne voyait plus rien d’autre.
Après l’avoir aimé de toutes les manières ou presque, j’aimerais la lui couper. Ce n’est pas tout son fric qui la lui rendra. Serait-il toujours aussi arrogant ?
Il y a une boule dans mon ventre. Je mange une boîte de raviolis au bœuf, ça fera l’affaire. La flemme d’aller faire des courses. Par inadvertance, je mets de la sauce tomate dans les pages du bouquin de Régine. Il en a vu d’autres.
Je pousse le portillon grinçant au fond du jardin, l’air chaud me chatouille la peau. Ce ne sont pas les caresses d’un homme, mais c’est agréable malgré tout.
Le soleil brille déjà haut, entêtant, mais l’océan, lui, garde encore son secret. Je me dis que peut-être, ici, au bout de tout, le monde pourrait bien recommencer.
Bras nus, seulement vêtue de mon bikini sexy sous ma robe minimaliste, mes sandales claquent sur les planches du chemin. L’herbe sèche m’effleure, un vent léger au ras du sol soulève le sable qui semble s’enrouler autour de mes chevilles.
Il fait presque trop beau pour un après-midi d’avril, soleil cru, lumière qui force à plisser les yeux malgré mes lunettes foncées. Le temps de se familiariser à nouveau avec ce ciel très haut de ce coin perdu baigné par l’Atlantique.
Personne sur le chemin. Pas même un promeneur avec son chien. Personne sur la plage. Pas de naturistes.
Juste l’océan, bleu, immense, froid sûrement, prêt à me gifler si j’ose m’approcher trop. Je reste là, plantée, à respirer. Ça sent le sel, les algues oubliées, le début des vacances quand tout dort encore. […]
La suite est à découvrir dans mon roman
« Sur le sable exactement »
Disponible en broché :
Disponible en ebook




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Ça donne envie de prendre vacances…mais avec toi Magicienne 😂🤣 même si j’avoue que ta fée est peut-être trop un risque 😂🤣 je parlerais pas au nom des lecteurs/lectrices mais ce roman mérite des récompenses sincèrement
Dans la prose d’Ophélie, il y a un art du non-dit qui se traduit le plus souvent par une notation sensuelle (la Nature, le Corps, la Lumière) brève et hardie, qui fait mouche, qui traduit à merveille l’émotion ou le sentiment intérieurs de la narratrice sans en dire trop, juste ce qu’il faut, exactement à la manière des haïkus.
Exemples: « Je pousse le portillon grinçant au fond du jardin, l’air chaud me chatouille la peau. Ce ne sont pas les caresses d’un homme, mais c’est agréable malgré tout. »
» Le soleil brille déjà haut, entêtant, mais l’océan, lui, garde encore son secret. »