Chambre 313 – Extrait

Louise m’avait prévenue. Aujourd’hui je perdrai le contrôle.
Troisième étage. Chambre 313. Viens comme tu es.
Je ne sais pas si j’arriverai à supporter ce traitement encore longtemps.

Je devrais serrer mes cuisses. Ce serait la solution pour éviter l’accident. Mais elle me retient. À genoux. Écartée.

En appui sur mes bras tremblants, collés au matelas, je lui appartiens. Sa voix, dans mon dos, m’encourage à lâcher prise. Laisser partir mon corps.

Le libérer de ses dernières pudeurs. [...]

Découvrez les trois premiers chapitres de , mon nouveau roman Chambre 313.

Je n’veux pas rester sage

Je t’attends. Tu devrais déjà être là.

Je t’attends. Pourtant je sais que tu ne viendras pas.

Mais j’ai soif de connaître cette histoire entre toi et moi.

Je sais depuis le début que tu ne viendras pas.

Je l’avais deviné. J’aurais pu ne pas venir, rester sage.

Mais le mal est entré. Et depuis il y a de la place pour deux.

De la place pour ce désir, cette faim qui ne ressemble à rien de ce que je connais. Comme si mon corps avait décidé sans moi. Comme si mes cuisses s’étaient ouvertes d’avance à toi. Comme si ma bouche s’était déjà préparée à dire oui et à te faire tout ce qui, ligne après ligne de nos échanges, brûle mon imagination.

« Le code est ma date de naissance » – La fille de devant

Elle avait choisi sa tenue comme Diane partant à la chasse. 

Une jupe noire qui s’arrêtait juste au-dessus du genou, et un pull fin blanc, simple, presque innocent, mais épousant ses formes à la perfection. 

Le décolleté plongeait juste assez pour qu’on devine, sans tout voir, transformant ses seins en appâts irrésistibles — un piège pour mâles sensibles, en quête de quelque chose de tendre, mais ferme, à se mettre sous la dent.

Sous le tissu noir

Sous le tissu noir
Une promesse immobile
Respire trop fort

Premier rang offert
Elle s’installe comme on
S’abandonne un peu

Col blanc, gorge nue
Tout est dit sans être dit
L’attente se tend

Ses doigts sur le col
Un geste appris mille fois
Pour faire vaciller

Les cartes postales

Je suçais mon stylo.
Quand je ne le mâchouillais pas.
J’ai toujours raffolé de ces petits bouts bleus des stylos Bic.

Mamie avait de vieux stylos.
Ceux d’avant qu’ils ne collent le bout.

Et quand j’en avais terminé complètement de le transformer en chewing-gum, j’attaquais la partie en plastique qu’ils appellent « Cristal ».

Ou le capuchon.