Le lundi est mon jour libre.
Celui pour faire des recherches, réviser, préparer des exposés…
En réalité, celui où j’écris.
Ou plutôt celui où j’essaie d’écrire.
Des textes qui deviennent parfois des livres. Ou pas.
***
Depuis que la porte de « Chambre 313 » s’est refermée avec un point final — ou trois points de suspension —, je tourne un peu en rond.
La suite, je l’ai bien en tête.
Mais elle est encore verte.
Pas encore mûrie.

Comme ces tomates dans le jardin.
Pour le moment, je fais semblant d’écrire. Ou j’écris dans ma tête.
C’est le plus simple pour effacer.
***
Hier soir déjà, je me demandais ce que j’allais faire de cette journée. La nuit ne m’a pas davantage apporté de réponse.
Écrire est un plaisir, mais décider lequel de ces textes dans mon ordinateur je vais terminer me stresse toujours.
Un peu de panique en ce moment dès que je m’approche de l’un d’entre eux. Comme si le regard du lecteur me tétanisait de nouveau.
Alors j’écris juste pour moi, juste pour écrire, sans intention. Comme Louise me l’a enseigné avec l’écriture de « Laisse aller ton corps ».
***
Et puis il y a cette fille rencontrée à la guinguette.
Cette fille que je n’arrive pas à me sortir de la tête.
Que je n’ai pas envie de me sortir de la tête.
Contrairement à celle de « Je n’veux pas rester sage », elle existe vraiment. Et elle n’en est pas moins désirable. Mieux encore. Elle a mon âge. Presque.
Ce matin encore, elle m’a écrit dès qu’elle a allumé son téléphone. Elle m’a envoyé un smiley bisous avec un cœur. Adorable, non ?
Alors écrire… Écrire quoi ?
Je lui envoie une photo sans maquillage, décoiffée, nature peinture. Un peu cambrée, mon t-shirt « Thérapie Taxi » qui découvre à peine une épaule… J’admets, le but est qu’elle voie la naissance de ma poitrine.
Avec les mecs, ça marche.
Avec les filles, je suis une débutante.
J’appuie sur envoyer.
J’ai envie de connaître la suite.
Peut-être que c’est le début d’une histoire. Ou pas.
***
Je sors dans le jardin.
Je prends cette photo.
Puis je repense à Louise.
« Tu dois prendre ce temps-là, Ophélie. Il est essentiel que tu utilises tes mains de façon ludique, que tu jardines, que tu cuisines… »
Elle m’a offert un Monsieur Cuisine pour mes vingt ans. Quelle psy offre ça à une ancienne patiente ?
Bon, soyons juste, elle m’a aussi offert un plug anal. Mais la question pourrait être la même.
***
Les jonquilles ont fané depuis longtemps. D’autres fleurs les ont remplacées et illuminent le jardin malgré un ciel indécis.
J’ai planté du persil, du thym, de la coriandre.
Et emportée par mon élan, également des tomates.
Je crois que j’ai presque la main verte.
L’écriture attendra.
Il y a des gourmands à couper.
Le voisin m’a donné un pied de courgette. Je vais quand même le replanter. Je n’aime pas trop les courgettes.

Mais si ce sont les miennes, peut-être que c’est l’occasion de changer mes goûts ?
***
Nouvelle notification. Elle est toute belle. Coiffée. Maquillée. Elle porte une jupe noire avec un petit top ivoire. La même tenue que celle qu’elle portait ce soir où nous nous sommes rencontrées.
À croire qu’elle le fait exprès.
Elle le fait exprès.
J’espère qu’elle ne va pas prendre froid.
Je n’ai jamais lu une histoire d’amour et de sexe entre femmes qui commence avec une héroïne enrhumée.
Je tiens peut-être enfin un truc. Ou pas.
— Ophélie Deslys —
Cette fille rencontrée à la guinguette existe vraiment.
Celle de Je n’veux pas rester sage rien n’est moins sûr…
Si vous ne connaissez pas encore cette nouvelle,
vous pouvez en lire un extrait ici :

Et si vous aimez suivre les détours qui donnent naissance à mes histoires,
vous pouvez aussi vous inscrire à ma lettre :
Envie d’échanger ? Contactez-moi : opheliedeslys86@gmail.com
– Suivez-moi sur Facebook et Instagram –





Un très jolie texte de ta part Magicienne,une histoire à en venir qui va plaire 😊 elle a de la chance pour la photo par contre 🤣 je veux bien aussi voir moi 😋 continue ainsi car tu as de l’or au bout des doigts et crois moi,tu es bien plus forte que tu le crois ☺️ bisous à toi